"Quoi ? Encore ? Ils changent plus souvent de président que de chaussettes, ces Boliviens" me direz-vous ! Oui mais celui là, il est spécial ! C'est le premier président d'origine amérindienne depuis ... la chute de l'empire Inca !
Président du syndicat des planteurs de coca, ami du vénézuélien Chavez et du cubain Castro, Morales s'est distingué pendant la campagne par un discours populaire (certains diraient populiste) en promettant de nationaliser les ressources minières et de légaliser la culture de la feuille de coca, tout en luttant contre le narco-trafic.
Morales a été crédité de plus de 51% des votes contre 29% à son principal adversaire, l'ex-président Jorge Quiroga (droite libérale) largement soutenu par les Etats-Unis.
Son élection ne fait pas que des heureux, et les réactions des pays étrangers n’ont pas tardé. L'Espagne, le Brésil et l'Argentine, les trois principaux clients du gaz bolivien à bas prix, ont fait part de leurs inquiétudes. "El Mundo", le grand quotidien de centre-droit espagnol a même écrit: "le temps dira si Morales optera pour le modèle de Lula [le président du Brésil] ou pour celui de Chavez [le président du Venezuela]. S'il entraîne son pays dans une politique de nationalisations et de répression contre la droite, la Bolivie ne pourra rien en attendre de bon".
Personnellement, nous qui n'avons pas d'intérêt dans le gaz naturel, ni dans la culture de la feuille de coca (!), nous souhaitons simplement que Morales reste au pouvoir plus longtemps que ses nombreux prédécesseurs et qu'il contribue à stabiliser le pays.
Sources: http://www.latinreporters.com/ et http://www.elmundo.es/
Photo: MAS